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Martinique-Aviculture fait monter la mayonnaise par France Antilles

Christophe Gouyer - mercredi, août 14, 2013
Le leader sur le marché de l'oeuf craint que le seul importateur de l'île ne profite de la surproduction nationale pour faire chuter les coûts sur le marché, caractérisé par des prix déjà bien bas.

À l'heure de la « guerre de l'oeuf » dans l'Hexagone, où les producteurs réclament des mesures d'urgence pour faire face à un effondrement des cours de l'ingrédient de cuisine, sous nos latitudes le contexte est bien différent. 

Lire l'article sur France Antilles du 14 Aout 2013

Dans un marché tenu principalement par les grandes surfaces et non par les centrales d'achat comme en France, la bataille découle indirectement de ce qui se passe outre-atlantique. Elle est d'ordre plutôt concurrentiel dans une filière fonctionnant en autosuffisance. 

Il y a un an, deux producteurs se partageaient le marché, avec d'une part Martinique-Aviculture (MAVIC), le leader qui assure une production quotidienne de 120.000 oeufs au François et de l'autre la Ferme d'Augrain, située à la Semair au Robert (qui connaît un rendement beaucoup plus modeste : 30.000 oeufs). 

Mais l'arrivée il y a un an de Martinique-Distribution, un commerce de vente en gros d'oeufs importés, a été perçue comme une intrusion sur un marché très fragile. 

Pourtant, bien que cette dernière entreprise n'ait ciblé qu'une clientèle faite de restaurateurs et de pizzaïolos, le numéro un de la filière redoute de la voir pratiquer des prix bas en profitant de la surproduction dans l'Hexagone. 

Ce que Bérangère Bonnetête, la directrice générale de Martinique-Aviculture, n'hésite pas à qualifier de concurrence déloyale. « À nous deux, nous assurons 100% des besoins. Mais s'il lui venait à faire beaucoup d'oeufs import, on se retrouverait également dans une situation de surproduction » . Et elle se verrait contrainte de devoir à son tour jeter des ?oeufs.

UN COÛT DE REVIENT TROIS FOIS PLUS ÉLEVÉ

En Martinique, impossible d'obtenir des coûts de revient hexagonaux (5,7 cts) lorsque l'aliment, les emballages, etc. arrivent par le fret avec les frais que cela engendre. « 5,7 cts, cela ne couvre même pas l'aliment que nous achetons à MNA » . Ce chiffre est à multiplier par trois, ce qui oblige les producteurs locaux à appliquer des tarifs plus élevés que leur concurrent. Même un grossiste de la place, qui livre en grande partie les boulangeries, les pizzerias, les restaurateurs et les hôtels, un marché sur lequel opère déjà Martinique-Distribution, aurait fait les frais de cette mauvaise conjoncture. Son dirigeant a remarqué une perte importante de sa clientèle en oeufs au profit de Martinique-Distribution.

LE LOCAL PEUT FAIRE LA DIFFÉRENCE

Entre un carton de 64 euros et de plus de 70 euros, le choix serait déjà fait, selon les responsables de la ferme avicole du François, obligée désormais de s'aligner et de prendre sur ses marges. « Mais il peut encore baisser, nous, on ne le peut pas » , assure Bérangère Bonne-tête.

En face, on marche sur des ?oeufs, on évite l'affrontement. « C'est sûr que cela doit déranger Mavic, mais il y a de la place pour tous. Et si les gens achètent, cela signifie que nous sommes meilleur marché qu'eux. Et eux, ils coûtent plus chers que ceux de France » , rétorque laconiquement un cadre de l'importateur « Martinique-Distribution » .

Face à ce handicap du prix, MAVIC, elle, table sur la qualité de la production « au pays » . « Le jour où l'oeuf sera très cher en métropole, il ne pourra pas maintenir ses tarifs, de même qu'en cas de grève sur le port il ne pourra pas livrer » , lâche la dirigeante. Propos qui sonne comme un message.




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